Le "gang des grands crus" jugé en appel pour avoir volé des millions d'euros de vin

Publié : 31 mars 2025 à 11h57 par Nicolas Mézil avec AFP

Douze membres présumés d'un réseau surnommé "le gang des grands crus" comparaissent à Bordeaux à partir de ce lundi pour des cambriolages d'entrepôts de vin dont le préjudice avoisine cinq millions d'euros.

Bouteilles de vin
Bouteilles de vin
Crédit : Illustration Envato - DR

Après deux ans de bataille procédurale, jusqu'à la Cour de cassation, la cour d'appel de Bordeaux a hérité du dossier du "gang des grands crus" et doit juger jusqu'à vendredi les prévenus, poursuivis pour vols avec effraction et en réunion, association de malfaiteurs, ou recel.

Le démantèlement du réseau, actif à partir de 2019, remonte à décembre 2020 : un vaste coup de filet menés par des gendarmes et des policiers en Gironde, Dordogne et dans la Loire vise alors à interpeller "différentes équipes de voleurs spécialisés dans les vols de grands crus", selon un communiqué de l'époque.

Une seconde opération, menée en mars 2021 par la gendarmerie dans un centre commercial de vente en gros à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), permet ensuite "d'identifier une importante filière de recel de la marchandise dérobée, composée de commerçants et de restaurateurs de la communauté asiatique".

Les enquêteurs ont saisi plusieurs centaines de bouteilles de très grands crus du Bordelais, Château d'Yquem, Lafite Rotschild, Angélus, Petrus, Château Margaux, Cheval Blanc, et d'ailleurs, comme des Romanée-Conti de Bourgogne.

 

Trois millions d'euros de vin

"Certains vins sont devenus une cible privilégiée pour les voleurs, surtout que derrière, ils se revendent très facilement, pas comme un tableau", explique à l'AFP le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

Le préjudice estimé à environ cinq millions d'euros inclut un butin d'au moins trois millions d'euros de vin, le reste correspondant notamment à des vols de véhicules et des dégradations, selon une source proche de l'enquête.

Étaient ciblés des entrepôts de sociétés ou de maisons de négoce autour de Bordeaux. "Un véritable pillage", résume le conseil d'une des victimes.

 

Exportés vers la Chine ou revendus

Les cambrioleurs, très "chevronnés" selon les enquêteurs, agissaient de nuit en utilisant des fourgons volés. "Il y a un côté hyper technique, hyper sophistiqué, pas du tout Pieds nickelés", reconnaît Me Alexandre Novion, qui défend l'un des mis en cause pour vols aggravés.

Ce Girondin de 34 ans, au casier judiciaire lourd de vingt mentions, est aussi poursuivi pour violences aggravées, ainsi que pour le vol avec violence d'une somme d'environ 100.000 euros au préjudice de plusieurs de ses co-prévenus chinois. Jugé en récidive, comparaissant libre, il encourt 20 ans de prison.

Cinq prévenus sont natifs de la province du Zhejiang (est de la Chine).

Selon un enquêteur, "les vins étaient exportés en Chine, écoulés chez des restaurateurs et commerçants de la communauté asiatique en région parisienne, ou revendus à des particuliers par des réseaux informels".