390 kilomètres de Brest à Nantes en moins de deux jours, le nouveau défi d’Erik Clavery

29 mars 2024 à 12h08 par Dimitri Coutand

Ce vendredi 29 mars, Erik Clavery s’apprête à réaliser un défi exceptionnel : parcourir le canal de Nantes à Brest en moins de deux jours et sans dormir. Un défi de 390 kilomètres qu’il réalise aussi en hommage à un ami décédé.

390 kilomètres de Brest à Nantes en moins de deux jours, le nouveau défi d’Erik Clavery
Crédit : Erik Clavery

À 43 ans, Erik Clavery dispose d’une solide expérience. Champion du monde de trail en 2011, il détient également le record de France des 24 heures de course à pied et a participé à de nombreuses épreuves mythiques comme la Diagonale des Fous à la Réunion ou encore l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Ce vendredi 29 mars, celui qui est originaire du vignoble nantais va tenter de parcourir le canal de Nantes à Brest, en moins de deux jours et sans s’arrêter.

 

Pourquoi vous lancer un tel défi ?

C’est la continuité de ma carrière de sportif dans laquelle j’ai pratiqué du sport à haut niveau. L’âge avançant, j’essaie de me réinventer, me reconstruire, découvrir aussi d’autres disciplines, d’autres manières de pratiquer ma discipline. Et j’en suis venu à faire ce qu’on appelle des "Off", c’est-à-dire des records sur des traces ou des sentiers un peu reconnus ou mythiques. J’ai d’ailleurs le record de la traversée des Pyrénées que j’ai battu en 2020 : 880 kilomètres en 9 jours et 9 heures.

Je voulais faire des défis comme ça, un petit peu plus localement, et étant dans le vignoble nantais, c’est venu assez naturellement que de m’engager sur ce canal de Nantes à Brest qui fait 370 kilomètres, à peu près. De le faire dans un esprit de performance, mais aussi de partage puisque mon objectif est, également, d’inviter les gens à me rejoindre sur le parcours pour partager un bout de ce défi.

Au-delà de faire un temps sur ce canal de Nantes à Brest, l’objectif est aussi de me découvrir, de découvrir un petit peu les capacités du physique et du mental puisque je suis préparateur mental. Là, en l’occurrence, mon défi numéro un, ce sera de faire ces 370 kilomètres non-stop sans dormir et sans arrêt.

 

Comment se prépare-t-on à ce type d'effort, physiquement et mentalement ?

C’est très particulier mais à mon sens, il n’y a pas besoin d’un volume d’entraînements excessifs parce que, sinon, ce serait traumatisant, d’une part, et usant avant une épreuve aussi fatigante. Donc ces derniers jours, c’est un maximum de repos, accumuler le maximum de sommeil pour arriver le plus frais possible. L’entraînement physique, il est assez similaire à un entraînement classique d’ultra-traileur. Moi, je suis adepte des entraînements croisés, notamment avec du vélo, ce qui permet d’optimiser son potentiel physique.

En revanche, ça va demander un gros travail au niveau mental, au niveau des objectifs, au niveau des micro-objectifs aussi pendant l’épreuve, de concentration et d’imageries mentales également. Ça va vraiment demander des facultés mentales qui sont importantes. Donc c’est là que rentre en jeu le côté préparateur mental, où je mets en pratique des outils concrets qui me permettent vraiment d’aller au-delà de ce qu’on peut penser réalisable et d’optimiser mon potentiel sur ce type d’effort.

 

Ce défi, vous le faites aussi en partenariat avec la Ligue contre le cancer, pour rendre hommage à un ami, un coach qui était le vôtre.

Oui, tout à fait. Si je m’engage aussi sur ce défi, c’est tout simplement en mémoire de quelqu’un qui m’était très cher. Dans un premier temps, parce qu’il a été mon entraîneur de confiance, une confiance mutuelle. C’était, pour moi, quelqu’un en qui je tenais beaucoup, qui était devenu au fil du temps un ami très cher puisqu’on s’est construits mutuellement, lui en tant qu’entraîneur, moi en tant qu’athlète.

Il y a deux ans, le week-end de Pâques, il m’avait appris son cancer et il est disparu il y a maintenant six mois. Pour moi, c’était donc un hommage naturel, en respectant une de ses dernières volontés, c’est-à-dire d’aider la Ligue contre le cancer. Je me suis rapproché de la Ligue qui a tout de suite été partante pour créer un partenariat autour de ce défi.

Quand on fait ce genre de défi, c’est une réelle bataille. Une bataille contre soi-même, une bataille contre son corps, contre son mental. Et, quelque part, en toute humilité, parce que c’est bien loin de ce que peuvent vivre les personnes atteintes de cancers, on retrouve un petit peu cette bataille que doivent mener les personnes malades. Quelque part, c’est un hommage à toutes celles et ceux qui se battent pour ça, qui le subissent, qui sont touchés par cette maladie. C’était, pour moi, un symbole fort et important que de m’associer à la Ligue contre le cancer pour ce défi.

 

Erik Clavery doit s’élancer à 21h de Châteaulin (Finistère) ce vendredi 29 mars. Son arrivée est prévue ce dimanche dans la soirée, à Nantes, au cours des 50-Otages.

 

Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac